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ANR - CENOB

Corpus des énoncés des noms barbares (CENOB) : Matériaux incantatoires méditerranéens (- 600 - + 600) : analyse et pensée

Porteurs du projet :
Jean-Daniel DUBOIS (EPHE, Paris), Michèle BROZE (FNRS, Bruxelles) et Paolo SCARPI (université de Padoue)
Acronyme : CÉNOB
Titre : « Corpus des énoncés des noms barbares. Matériaux incantatoires méditerranéens (-600-+600) : analyse et pensée »
Durée : 2008-2010

Participants :
- Équipe de Paris

Jean-Daniel DUBOIS, directeur d’études, EPHE – UMR 8584, LEM : coordination scientifique du projet.
Nicole BELAYCHE, directeur d’études, EPHE – UMR 8585.
Michel CHAUVEAU, directeur d’études EPHE.
Philippe HOFFMANN, directeur d’études, EPHE – UMR 8584.
Maria GOREA, maître de conférences, université Paris-VIII.
Arnaud SERANDOUR, maître de conférences, EPHE –UMR 8584
Michel TARDIEU, professeur, Collège de France
Anna VAN DEN KERCHOVE, PRAG, EPHE – IESR

- Autres personnes impliquées dans le projet :
Luciana Gabriela SOARES SANTOPRETE, doctorante EPHE
Lucia SAUDELLI, doctorante université « Carlo Bo » d’Urbino (Italie) et EPHE.
Mariano TROIANO, doctorant EPHE.
Magdalena DIAZ ARAUJO, doctorante Paris IV.
Julie LECLERC, doctorante EPHE.
Nicolas CORRE, doctorant EPHE.
Michaël MARTIN, docteur en histoire de l’université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand.

- Équipe de Bruxelles
Michèle BROZE, Fonds national de la recherche scientifique belge (FNRS), université libre de Bruxelles (Belgique) : responsable scientifique de l’équipe de Bruxelles.
Carine VAN LIEFFERINGE, chargée de cours à l’université de Bruxelles (religion grecque).
Sabrina INOWLOCKI, maître de conférences, Lausanne.
Cynthia JEAN, chargée de recherches au FNRS, université libre de Bruxelles.

- Équipe de Padoue
Paolo SCARPI, université de Padoue (Italie) : responsable scientifique de l’équipe de Padoue
Michela ZAGO, ATER à l’université de Padoue
Chiara CREMONESI, ATER à l’université de Padoue

Présentation générale du projet
Contexte
Centrées sur la richesse et la diversité des phénomènes religieux au Proche-Orient du VIe siècle avantnotre ère au VIe siècle après (période de la production des tablettes de défixion, objets archéologiques localisés, datés, et donc pris comme points de repère chronologique), les recherches du projet ont pour but d’étudier une forme particulière de croyance et de rituel qui constitue une étape importante de l’évolution et de la transformation des mentalités dans les siècles qui précèdent et suivent l’ère chrétienne. Il n’existe actuellement aucun projet scientifique international portant sur les noms barbares dont sont témoins, jusqu’à la fin de l’Antiquité, les documents et textes proprement magiques, tout autant que théologiques (gnostiques) et philosophiques (néoplatoniciens), dans la Méditerranée orientale et occidentale. Le questionnement introduit sera d’envisager la recherche, non pas comme compilation alphabétique de données, mais en tant que corpus d’énoncés à interroger et mettre en place à partir de plusieurs postes d’observation relevant de l’histoire des textes, mais aussi de l’histoire de la pensée philosophique et théologique, de celle des sociétés, des religions et des langues orientales.

Description, objectif et méthodologie _ L’expression de « noms barbares » est l’appellation reçue qui sert à désigner dans l’opération magique antique, et en particulier dans sa partie proprement invocatoire ou exécratoire, un ensemble de sons et de noms propres de divinités et de démons ne relevant pas du langage commun, immédiatement compréhensible, dans lequel est rédigé le reste de la prière et du rituel. Il s’agit donc, dans le cours d’une pratique, d’un passage soudain à un langage différent ou à une langue autre, sans qu’il y ait pour cela rupture dans la continuité de la graphie. Autrement dit, le caractère étrange des noms barbares consiste dans le fait que, lisibles à l’oeil parce qu’ils relèvent de l’écriture courante et offrant à l’oreille des sonorités puissantes, ils se présentent (apparemment du moins) comme étant du langage tout à fait confus et dénué de signification. De là ces autres expressions, qui servent également à les désigner dans la littérature et la philosophie anciennes : les « noms dont on ne peut pas identifier le sens » (asêma onomata), « les inintelligibles » (ta asêma), ou encore, en référence à la ville de l’Asie mineure qui fut longtemps un grand centre de production de magika, « les lettres éphésiennes » (ta Ephesia grammata). Autre dénomination de ces noms par leur fonction religieuse visant à contraindre les dieux à obtempérer ou agir : les formules ou sons « mystiques » (grec : mystikoi logoi, latin : voces mysticae).

L’objectif du projet est d’offrir à la collectivité scientifique internationale le corpus complet des noms barbares par le dépouillement systématique de tous les matériaux qui servirent à l’écriture des opérations et invocations magiques : rouleaux et cahiers de papyrus, tessons, peaux, tablettes d’argile, bols, lamelles, pierres, planches et écorces. La méthode mise en oeuvre veillera essentiellement à (I) ne pas isoler ces noms (et les rituels les concernant) de leur contexte respectif et des modalités de leur application, autrement dit ce que nous appelons les énoncés des noms barbares, leur contexte. Cela aura pour corollaire de (II) considérer la question des interprétations, autrement dit les transferts de noms d’un panthéon à l’autre, comme indissociable du problème des noms barbares.

Concrètement, le projet CÉNOB a pour but de fournir à la collectivité scientifique,
- 1) sur support papier (manuels, lexiques) et numérique (CD-ROM), des instruments de travail portant sur le domaine de l’étude de la magie antique et spécialisés sur la question des noms barbares ;
- 2) d’accompagner ces outils, qui manquent actuellement, de plusieurs monographies thématiques consacrées aux noms barbares, tels qu’on peut les appréhender dans les domaines de la papyrologie, de l’épigraphie, de l’histoire des idées philosophiques et théologiques antiques, et des traditions textuelles multiples sur lesquelles se fonde cette histoire.

Réunions de travail
Vendredi 7 mars 2008 : première réunion scientifique des membres du projet. Le but était d’élaborer une méthode permettant à chacun de travailler selon le corpus considéré. Pour engager une première discussion sur les modalités de repérage des énoncés dans les divers corpus linguistiques envisagés, plusieurs communications ont été délivrées : – Michela Zago : « Les énoncés barbares dans les PGM » ; – Michèle Broze : « Le graphique et le discursif dans les hiéroglyphes ; l’écriture à l’envers et ses finalités ; noûs et dianoia dans les textes égyptiens » ; – Maria Goréa : « Noms de démons et d’anges dans des textes magiques araméens et de Mésopotamie (Ve-VIIe siècles de notre ère) ».

Mardi 17 juin 2008 : deuxième réunion scientifique des membres du projet. La matinée est consacrée à la discussion sur les choix de programmes informatiques ; discussion en présence de Christophe Lebbe, directeur littéraire des éditions Brepols.
L’après-midi est consacrée à plusieurs communications : – Rappel lexicographique sur les « énoncés barbares », avec la participation de M. Tardieu et Ph. Hoffmann ; – Gregor Wurst, université d’Augsbourg, présentera la collection de textes magiques coptes de Berlin : « Un magicien copte : syncrétisme religieux dans l’Égypte chrétienne ». – N. Belayche et N. Corre, « Stratégies rhétoriques de l’étrangeté » ; – C. Besset-Lamoine, « Le formulaire de Rossi : quelques remarques sur la structure ».

Colloques et conférences
Mercredi 13 juin 2007 : colloque organisé par Michel Tardieu au Collège de France (Paris) : « Les noms barbares : formes et contextes d’une pratique magique ». Voir : http://www.college-de-france.fr/def... 10 avril 2008 : Michel Chauveau, conférence au LEM – UMR 8584 (Villejuif) sur « Les énoncés barbares dans les textes démotiques égyptiens ».
Mercredi 18 juin 2008 : colloque organisé par Michel Tardieu au Collège de France (Paris) : « Noms Barbares 2 ».
Voir : http://lem.vjf.cnrs.fr/NOMSBARBARES.pdf

Publications
- 1) La thèse de Michela Zago sur les papyrus grecs magiques à notations alchimiques, soutenue en mars 2007 à Padoue est en cours de publication.
- 2) Les actes du colloque du mercredi 13 juin 2007 sont en cours de publication, aux éditions Brepols, dans la collection « Bibliothèque de l’École des Hautes Études »

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