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Plotin et les gnostiques

Direction du programme : Jean-Daniel DUBOIS et Philippe HOFFMANN

Le programme de recherche « Plotin et les gnostiques » s’inscrit dans ces recherches, avec comme double originalité de partir de la polémique de Plotin contre les gnostiques et d’être un lieu de formation doctorale.

PRESENTATION GENERALE
Argumentaire Réunissant des spécialistes de la philosophie de l’Antiquité tardive et de la gnose, le programme a pour but de croiser leurs regards sur les traités de Plotin et des textes gnostiques afin de mieux comprendre les relations entre le philosophe égyptien et les gnostiques. Celles-ci sont de plusieurs ordres : polémique, influence, points de contact ou appartenance à une culture commune. Le point de départ est le traité 32 de Plotin, dont Luciana Gabriela Soares Santoprete, doctorante de Philippe Hoffmann, a la charge pour une traduction et un commentaire pour les éditions du Cerf. L’étude minutieuse de ce traité intitulé « Contre les gnostiques » par Porphyre, disciple de Plotin, constitue le fil conducteur de l’ensemble du programme.

Objectifs
Les objectifs sont triples :

  • relever et analyser les points de contact entre philosophie et gnostiques, au niveau des idées,des notions et du lexique.
  • être un laboratoire pour affiner les principes méthodologiques, épistémologiques et la terminologie à employer.
  • être un lieu de rencontre et de formation doctorale. Initier et familiariser les philosophes et les gnosticisants au langage de l’autre champ disciplinaire ; élaborer une bibliographie critique et raisonnée introductive.

ORGANISATION
Méthode
Deux ou trois journées d’études sont organisées par an. Ces journées sont ouvertes : autour d’un noyau qui est identique d’une année sur l’autre, plusieurs professeurs sont invités à intervenir et / ou à participer aux journées ; elles accueillent aussi les doctorants de Jean- Daniel Dubois et de Philippe Hoffmann. L’aspect « formation doctorale » explique que leur nombre varie d’une année à l’autre et qu’il y a un certain turn-over.
La méthode de travail adoptée limite le nombre de communications par journée afin de privilégier la discussion et de mener une vraie recherche en commun, en confrontant outils et connaissances. Ceci a l’avantage de construire progressivement des liens et une certaine complicité intellectuelle entre les participants.

Déroulement des différentes séances
Première année
Les deux premières journées, les 14 janvier et 8 avril 2005, ont posé les bases du programme, du côté plotinien et du côté gnostique, notamment dans la perspective du colloque organisé par Michel Tardieu et Pierre Hadot au Collège de France les 7 et 8 juin 2005, « Thèmes et problèmes du traité 33 de Plotin contre les gnostiques ». Le 14 janvier 2005, ont ainsi eu lieu plusieurs communications introductives sur les deux volets du projet. Jean-François BALAUDE, professeur à l’Université Paris X – Nanterre, introduisit l’ensemble du programme en rappelant les principales étapes des recherches plotiniennes actuelles, avec également une mention sur l’écriture de Plotin. Cette introduction a été suivie d’une autre par Philippe HOFFMANN, directeur d’études à l’EPHE, sur la doctrine plotinienne des intelligibles. Luciana SOARES, doctorante à l’EPHE, commença la lecture des trois premiers chapitres du traité 32, en relevant les relations éventuelles avec les gnostiques, notamment à partir du témoignage d’Irénée dans l’Adversus haereses. Anna VAN DEN KERCHOVE, alors doctorante à l’EPHE, proposa une bibliographie constituée pour l’occasion et pouvant être utile au programme. Du côté gnostique, Jean-Daniel DUBOIS, directeur d’études à l’EPHE, présenta les différentes communautés existantes, en mettant l’accent sur les débats qui animent les recherches gnostiques, et exposa la manière dont s’organise le plérôme valentinien selon le témoignage d’Irénée dans Adversus haereses I 1, 1. La deuxième journée du 8 avril 2005 continua sur la même lancée. Jean-Daniel DUBOIS parla plus spécifiquement de la chute de Sophia, le dernier Éon du Plérôme. Anna VAN DEN KERCHOVE revint sur la bibliographie en présentant des comptes-rendus de plusieurs ouvrages importants. Quant à Luciana SOARES, elle continua la lecture du traité 32, en se focalisant sur les rapprochements qui pourraient être établis entre le monde intelligible plotinien et le plérôme valentinien et sur l’utilisation plotinienne du mythe hésiodique d’Ouranos, Cronos et Zeus. Elle chercha à relever les points polémiques chez Plotin.

Deuxième année
La deuxième année du programme a été consacrée à des études moins générales, et l’attention s’est portée plus spécifiquement sur quelques passages de Plotin. Chaque journée a ainsi été consacrée à un chapitre ou un traité bien particulier. Lors de la troisième journée du 26 janvier 2006, le travail sur le traité 32 a été poursuivi et s’est focalisé sur le chapitre 5 de ce traité consacré en partie au langage. Luciana SOARES, doctorante et ATER à l’EPHE, a procédé à une analyse précise de ce chapitre en le replaçant dans le contexte de la polémique antignostique. Avec l’intervention de Michèle BROZE, professeur à l’Université Libre de Bruxelles, le débat a été ouvert sur une autre dimension, la culture égyptienne. Son intervention portait en effet sur le fonctionnement de la langue égyptienne et sur les théologies égyptiennes. Ensuite, plusieurs éclairages du chapitre 5 du traité 32 de Plotin ont été apportés à partir de textes gnostiques (par Jean-Daniel DUBOIS) et de textes hermétiques (par Anna VAN DEN KERCHOVE). Celle-ci a également poursuivi le parcours bibliographique entamé durant les deux premières journées.

Lors des deux journées suivantes, les participants du programme ont peu à peu élargi leur champ d’investigation à d’autres traités plotiniens. La quatrième journée, le 30 mars 2006, commença par une communication de Philippe SOULIER, doctorant de l’EPHE, sur les acceptions de l’apeiron chez Plotin, non seulement dans le traité 32, mais aussi dans d’autres traités. Le reste de la journée a été consacré au traité 6 de Plotin. Jean-François BALAUDE s’intéressa à la question de la culpabilité de l’âme chez Plotin et de sa descente, thème que nous retrouvons chez les gnostiques. Lucia SAUDELLI, doctorante en co-tutelle Université d’Urbino et EPHE, étudia l’utilisation que faisait Plotin dans le traité 6 du fragment 60 d’Héraclite et releva que, derrière cette utilisation, il y avait un débat, une polémique sur les différentes interprétations qui sont faites de Platon. La cinquième journée du 22 juin 2006 a davantage élargi le champ d’enquête, puisqu’elle a été entièrement consacrée au traité 10 de Plotin. Luciana SOARES releva plusieurs passages dans lesquels il était possible de déceler des points de contact, un dialogue entre Plotin et les gnostiques. Jean-Daniel DUBOIS s’est situé dans cette lignée en relevant les convergences et divergences entre Plotin et les gnostiques à partir d’une lecture du chapitre 1 du traité 10. Quant à Philippe HOFFMANN, il présenta une lecture du chapitre 10. Claudine BESSET-LAMOINE, chercheur associé à l’UMR 8584, s’intéressa à la manière dont Plotin se réfère à la culture des spectacles de ses auditeurs en parlant des images. Anna VAN DEN KERCHOVE fit quelques remarques autour du thème de l’image chez Plotin et les gnostiques. Loraine OLIVEIRA, doctorante à Rio (Brésil), se consacra à l’étude de l’exégèse plotinienne des anciens dans les chapitres 8 et 9.

L’ensemble de cette journée permit de relever un certain nombre de thèmes et de termes présentant la trace soit d’une polémique, soit d’un dialogue de Plotin avec les gnostiques.

Toutes ces journées ont mis en évidence la nécessité de regarder du côté d’autres traités plotiniens que les seuls traités qualifiés d’antignostiques. La question méthodologique pour aborder les textes plotiniens et pour parler des rapports entre Plotin et les gnostiques a été régulièrement mise sur la table et a été peu à peu affinée.

Troisième année
Avec la troisième année, tout en continuant à aborder des traités plotiniens, des extraits gnostiques ont aussi été plus explicitement analysés. Luciana SOARES, ATER au Collège de France, a inauguré la sixième journée, le 5 avril 2007, en continuant la lecture du traité 32 de Plotin, en se consacrant cette fois au chapitre 6, sur l’incogniscibiltié du Premier. Elle évoqua à cette occasion les traités 10 et 13 et des extraits gnostiques. Jean-Daniel DUBOIS analysa la triade logos, phonê et phthoggos du texte gnostique La Pensée à la triple forme en relation avec le chapitre 2 du traité 10 de Plotin. Claudine BESSET-LAMOINE s’intéressa ensuite aux figures de style dans les traités 10, 11 et 13 de Plotin et à la manière dont ce dernier suggère des rituels qui évoquent une exploration intérieure conduisant à l’Un. La septième journée, le 7 juin 2007, fut consacrée à un seul texte, non pas plotinien, mais gnostique : Zostrien. Chiara O. TOMMASI, chercheur à l’Université de Pise, a inauguré la journée par une communication sur « Zostrianus Platonicus. Les mésaventures d’un texte gnostique chez les philosophes ». La journée s’est poursuivie avec une intervention d’Anna VAN DEN KERCHOVE sur les problèmes d’accès aux textes gnostiques et à leur contenu, le tout à partir d’une comparaison des traductions et des éditions des pages 64-67 du Zostrien par M. Tardieu et dans la BCNH. Quatrième année La quatrième année, deux journées d’études sont organisées. Le 31 janvier 2008, la parole a été donnée à des invités. Tatjana ALEKNIENE, Université de Vilnius (Lithuanie), a présenté une communication sur « La notion de l’extase mystique chez Philon d’Alexandrie et Plotin » et Stefan MARINCA, doctorant à Münster (Allemange) sur « Le non-Étant et les Étants chez les philosophes néoplatoniciens et dans le traité gnostique Zostrien ». Jean-Daniel DUBOIS a conclu la journée en revenant sur les problèmes d’interprétation du traité gnostique Zostrien. La seconde journée d’études s’est déroulée le 18 avril. Luciana SOARES a ouvert la journée en abordant les thèmes de la remontée vers l’Un et de la non attribution du nombre à l’Un dans le chapitre 4 du traité 32 de Plotin. « Notre objectif consiste à illustrer, à partir d’une lecture du Traité 32 (V, 5), 4, 1-20, de Plotin, que la nécessité de concevoir le Premier Principe en tant qu’unité pure, distincte à la fois du nombre essentiel et du nombre quantitatif, est un thème abordé à plusieurs reprises dans la tétralogie antignostique de Plotin et constitue un point de doctrine important dans son débat avec les Gnostiques. » La parole fut ensuite donnée à Annick CHARLES-SAGET qui consacra son intervention au thème de la parenté dans le cadre de la controverse de Plotin contre les gnostiques. Elle concentra son attention sur Plotin et ce qu’il de la parenté chez les gnostiques à la fin de son traité 33, avec l’usage du terme adelphoi. « Dans le Traité 33, Plotin critique toutes les constructions imaginaires des Gnostiques. Mais il est une affirmation qui lui semble quasi “délirante” : comment peut-on ignorer l’évidente beauté du monde, ne pas reconnaître, par lui, la parenté que nous avons avec le divin ? Comment peut-on se tromper sur la “parenté”, au point de s’affirmer plutôt parent d’hommes médiocres ou mauvais (phaulotatoi) ? Les premières critiques de Plotin contre les Gnostiques nous paraissaient recevables, mais, sur ce point, nous ne pouvons, aujourd’hui, être plotiniens. Pour éclairer ce paradoxe de la parenté qui nous institue frères du soleil plutôt que des hommes, nous remonterons à ce qui le fonde, le Timée sans nul doute, mais aussi à une certaine lecture de Plotin : ne pourrait-on retourner ici, contre Plotin, une critique faite aux Gnostiques, celle de négliger la différence du philosophique et de l’imaginaire ? » Michèle BROZE et Daniel COHEN ont ensuite conjointement aborder le thème du mythe. « Notre point de départ sera le méta-discours de Plotin sur le statut du mythe. En effet, il nous donne des indications méthodologiques précieuses, qui ont été mises en évidence par Lambros Couloubaritsis (Centre de Philosophie Ancienne de l’ULB), et que nous avons choisi 4 de prendre au sérieux. Nous étendrons le questionnement à Proclos, et poserons alors la question suivante : les mythes gnostiques appellent-ils également à un redressement, que signifie leur pratique du mythe ? Est-il légitime de reporter les modes de pratiques du mythe définies par Plotin et Proclos sur les textes gnostiques ? » Claudine BESSET-LAMOINE s’intéressa au thème de la matière. « Nous nous efforceront de mettre en valeur les représentations de la matière telles qu’elles nous apparaissent chez Plotin et dans le Traité Tripartite. L’enjeu majeur de ces représentations, au-delà de leurs différents modes d’écriture littéraire, concerne le processus de passage d’un univers divin étincelant de beauté à un monde contaminé par le mal et les maux qui en découlent. Enfin, nous indiquerons comment les auteurs envisagent, respectivement, les solutions susceptibles d’ouvrir les voies d’un retour vers le royaume dépourvu d’ombre. En chemin, nous signalerons parallèles et rapprochements possibles entre les deux textes. Enfin, nous demeurerons fidèles à notre approche qui consiste à regarder surtout les moyens mis en oeuvre par les auteurs en vue de la réception de leurs conceptions philosophiques et religieuses, découvrant ainsi des paysages inattendus. » La journée se termine par la communication de Philippe HOFFMANN sur la tétrade chaldaïque « Amour, vérité, foi, espérance ». Dans un premier temps, il s’agit d’une tentative de retrouver la rédaction et si possible la rédaction originelle d’un oracle chaldaïque, et ce, à travers l’étude de tous les témoignages néoplatoniciens qui sont à notre disposition. Dans le même temps, cela permet de revenir sur une hypothèse de Michel Tardieu, celle de contacts entre le milieu rédactionnel des oracles chaldaïques et les milieux rédactionnels gnostiques. Dans un second temps, Philippe Hoffmann mène une enquête sur la possibilité d’interpréter le Commentaire du De Caelo de Simplicius comme une prière. LISTE DES PARTICIPANTS Professeurs invités (intervenants et / ou participants) Darius Alekna (Université de Vilnius, Lithuanie), Tatjana Alekniène (Université de Vilnius, Lithuanie), Jean-François Balaudé (Université Parix X – Nanterre), Michèle Broze (Université Libre de Bruxelles, Belgique), Annick Charles-Saget (professeur émérite, Paris X – Nanterre), Bertrand Ham (Université d’Angers), Chiara O. Tommasi (Université de Pise, Italie), Anne- Lise Darras-Worms (Université de Rouen) Autres intervenants et participants réguliers Claudine Besset-Lamoine (chercheur associé à l’UMR 8584), Daniel Cohen (), Jean-Daniel Dubois (directeur d’études à l’EPHE), Philippe Hoffmann (directeur d’études à l’EPHE), Constantin Macris (Université de Patras, puis Université de Crète, actuellement CNRS-LEM), Stefan Marinca (Université de Münster, Allemagne), Loraine Oliveira (Université de Rio, Brésil), Lucia Saudelli (doctorante en co-tutelle Université d’Urbino – EPHE, ATER au Collège de France), Luciana Soares (doctorante, ATER à l’EPHE puis au Collège de France), Philippe Soulier (doctorant à l’EPHE), Anna Van den Kerchove (IESR) Participants occasionnels Josette Ballant, Serge Boidevaix, Madeleine Boireaux, Johanna Brankaer (Université de Louvain, Belgique), Françoise Bruley (auditrice à l’EPHE), Christian Bull (master, Bergen, Norvège) Olivier Dufault (doctorant à l’EPHE), Florian Dupasquier, Gérard Gendet, Sui Han (master EPHE), Jeanne Henry-Biadaud (auditrice à l’EPHE), Olga Kobenko (master EPHE), Alain Lernould, Sara Magrin (doctorante), Ahmed Mahieddine (auditeur à l’EPHE), Anna- Maria Pardi (doctorante à l’EPHE), Rémi Pascal (auditeur à l’EPHE), Jean Pataut (auditeur à l’EPHE), Elena Perdikouri, Flavia Ruani (master à l’EPHE), Raymonde Stehlin (auditrice à l’EPHE), Nicolas Theffo-Rémy (master à l’EPHE), Mariano Troiano (doctorant à l’EPHE), Nathalie Toye (doctorante EPHE), Sophie Van der Meeren (Université de Caen), Anca Vasiliu, Monir Yazdi (auditrice à l’EPHE).