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Le Centre d’études des religions du Livre

Le centre a été fondé en 1970, comme centre de recherche de la Ve Section de l’École pratique des hautes études (actuelle Section des Sciences religieuses), par Henry CORBIN, Georges VAJDA et Paul VIGNAUX. L’intitulé retenu, Centre d’études des religions du Livre , se référait à une formule coranique, désignant comme Ahl al-Kitab , « Possesseurs de l’Écriture », ou « Gens du Livre », notamment les juifs et les chrétiens, et faisait allusion au premier chef au rôle central tenu dans l’islam par le Coran, le Livre par excellence, appelé parfois dans le texte révélé « le livre de Dieu ». Les recherches du Laboratoire, depuis sa création, portent sur la constitution et l’interprétation des sources écrites du judaïsme, du christianisme et de l’islam.

L’expression « religions du Livre » n’est vraiment exacte pour aucune des trois, et des études récentes en ont encore souligné la relative impropriété. Il convient cependant de la maintenir dans l’intitulé du CERL , pour plusieurs raisons :

  • elle réunit, en peu de mots, les trois « monothéismes » qui ont été associés effectivement par l’histoire et dont les liens sont patents ;
  • elle implique la visée philosophique d’une grande partie des recherches du Centre, en raison des questions d’ordre herméneutique qu’elle suscite, et à cause des relations qui se sont nouées, très tôt, dans ces religions, et autour d’elles, dans des relations à la fois de dialogue et de conflit, entre l’effort d’élucidation des textes et le développement des systèmes philosophiques ;
  • elle enveloppe, grâce à la terminologie musulmane postérieure au Coran, les courants religieux et philosophiques qui ont déterminé, à des titres divers, l’évolution du judaïsme, du christianisme et de l’islam. Elle peut viser ainsi les gnostiques, englober les manichéens ou les mazdéens, ou encore l’héritage grec et les traditions qui en sont issues ;
  • l’expression « religions du Livre » est l’emblème d’un Laboratoire qui s’est fait connaître par la publication de nombreux ouvrages collectifs et qui contribue à renouveler, au sein de la Section des Sciences religieuses de l’EPHE et avec le CNRS, la compréhension des phénomènes religieux et intellectuels de l’Antiquité tardive, des textes gnostiques et manichéens, du néoplatonisme, du judaïsme antique et médiéval, des christianismes orientaux, des littératures apocryphes chrétiennes, de la créativité intellectuelle du Moyen Âge occidental, de l’exégèse coranique et de la théologie musulmane, de l’exégèse de la Bible au temps des Réformes ou dans le catholicisme de l’âge classique – et même de ce que l’on pourrait appeler la gnose moderne ; cette formulation a été de ce fait un ferment d’unité lors du rapprochement avec les autres composantes de l’UMR (« Nouvelle Gallia Judaica » et Institut d’études augustiniennes, puis CERCOR), en vue de la constitution du Laboratoire d’études sur les monothéismes ;
  • elle met enfin l’accent sur l’ édition et le commentaire des textes, transmis en de nombreuses langues (hébreu, grec, latin, arabe, persan, syriaque, copte, éthiopien, arménien, géorgien, moyen-perse, sogdien) à la publication desquels le Centre a consacré et consacre encore une grande partie de ses travaux ; le « livre » et les « textes » constituent des objets que le CERL partage avec les autres composantes de l’UMR, comme avec les autres équipes réunies dans la FR 33 de Villejuif.

À une époque où les facteurs religieux sont fréquemment invoqués pour expliquer tensions ou conflits exacerbés, le devoir est urgent de corriger les confusions, en examinant l’environnement historique des religions mises en cause, avec toutes les méthodes de la philologie et le sens critique de la réflexion philosophique. Le Centre d’études des religions du Livre , à son niveau, scientifique, a un rôle à jouer dans cette entreprise. Il a en effet l’originalité, unique en France, d’étudier à la fois les trois religions, judaïsme, christianisme, islam, dans un cadre strictement laïc, en tenant le plus grand compte de leurs rapports mutuels, de leurs relations avec d’autres courants religieux et/ou intellectuels, et de leurs variations internes.

Depuis la création de l’ Institut européen en sciences des religions le 26 juin 2002, dans le cadre de l’EPHE, le CERL s’est engagé dans une relation de partenariat avec l’IESR, en collaborant à certains programmes, mais aussi par la participation active de certains de ses membres au Bureau de l’IESR.